Chaque tableau d'Isabel Bertelot suggère un imaginaire dont il est le gardien. C'est une porte magique qui montre et occulte à la fois, un miroir à traverser, une frontière entre deux mondes.
Dans ses œuvres, la notion de frontière se retrouve dans son utilisation des formes et des matériaux, qui mêle le familier et l'étrange : d'un côté les pigments déploient la couleur pure et atemporelle, tandis que, de l'autre, des inclusions de papier peint ou de pages de manuels renvoient au quotidien, à l'usure, au temps. Les touches de dessin figuratif sont reconnaissables mais lointaines, comme vues à travers un brouillard épais ou au fond de l'eau : elles sont symboles avant tout. La couleur, en revanche, est sensation.